TECHNOLOGIE
Google conditionne l'usage scolaire de l'IA au consentement des établissements
Le moteur de recherche lie désormais Gemini et la recherche assistée par IA à une activation par les écoles ; New York et Los Angeles contestent, l'entreprise invoque la liberté de choix.

Google a annoncé mardi, dans une note de blog, la désactivation par défaut de ses outils d'intelligence artificielle pour les comptes scolaires d'élèves du primaire et du secondaire, jusqu'à activation par les administrateurs d'établissement. Gemini, Gemini Notebook, Gemini in Classroom et la recherche Google sont concernés. L'annonce porte sur un équipement déjà massivement déployé dans les écoles américaines, où les applications éducatives de l'entreprise — Gmail, Docs, Classroom — et ses ordinateurs Chromebook sont les plus répandus : selon une lettre adressée à Google par les sénateurs Richard Blumenthal et Josh Hawley, plus de 150 millions d'élèves dans le monde utilisent Classroom. Google a indiqué à l'AFP que ces contrôles seraient déployés à l'échelle mondiale, à commencer par les États-Unis, sans date arrêtée.
L'opération fait suite à des critiques sur la promotion de l'IA auprès des élèves alors que les écoles débattent encore de son usage en classe. À New York, le maire Zohran Mamdani a accusé l'entreprise sur X de « tenter d'utiliser son pouvoir de monopole pour imposer l'IA dans nos écoles publiques », estimant qu'« aucune société ne devrait avoir le pouvoir de dicter la manière dont nous enseignons à nos enfants ». Chris Phillips, vice-président de Google chargé de l'éducation, a déclaré au New York Times que « la recherche et l'IA sont profondément intégrées » : si un établissement interdit l'IA, les élèves « n'auront pas accès à la recherche et verront un message de leur école indiquant qu'elle n'est pas disponible ». Google a répondu sur X que ses changements offrent « plus de choix, pas moins » aux écoles, qui lui auraient demandé de garder la main, des inquiétudes portant sur l'usage de l'IA pour contourner le travail scolaire.
Selon Ars Technica, l'entreprise n'avait pas anticipé cette levée de boucliers et a précisé sa doctrine : les écoles pourront désactiver les applications Gemini tout en laissant la recherche active pour les élèves, et celles qui refusent toute IA pourront tout désactiver, recherche comprise. Un porte-parole de Google a indiqué à Ars Technica qu'aucune modification n'avait été apportée à la politique annoncée, la formulation du billet de blog et des déclarations publiques n'ayant pas pleinement explicité les modalités prévues.
Les réactions des grands districts scolaires restent prudentes. New York et Los Angeles ont annoncé en septembre des projets de restriction de l'accès aux outils d'IA sur les appareils scolaires. Un porte-parole du Los Angeles Unified School District a déclaré à l'AFP que le district « examine l'annonce de Google et ses implications possibles pour les écoles, les enseignants et les élèves », tout en jugeant que l'IA peut améliorer l'enseignement si elle est introduite avec précaution et garanties claires, selon des principes exigeant que la technologie accompagne plutôt qu'elle ne remplace les enseignants et protège la vie privée des élèves. Les New York City Public Schools cherchent des précisions auprès de Google ; le chatbot Gemini et le mode IA y sont déjà désactivés sur les Chromebooks des élèves, et le district a demandé la désactivation de l'« AI Overview » dans les résultats de recherche qui leur sont destinés. Aucune date de déploiement n'a été annoncée.
Sources
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