ÉCONOMIE & MARCHÉS
Alphabet déçoit au troisième trimestre 2026, la Bourse sanctionne la monétisation de l'IA
Revenus de 127,58 milliards de dollars et bénéfice par action de 2,12 dollar : la maison mère de Google rate les attentes, et le marché relie cette déception au rythme de monétisation de ses fonctions d'intelligence artificielle.

Alphabet a publié les résultats du troisième trimestre 2026 en deçà des prévisions du marché, et la sanction boursière qui a suivi est directement rattachée, dans les deux textes disponibles, à l'intelligence artificielle. C'est en effet la conversion publicitaire des fonctions d'IA introduites dans le moteur de recherche — AI Overview et AI Mode — que les deux rédactions identifient comme le point de friction : la firme fait croître l'usage de ces outils plus vite qu'elle ne parvient à les monétiser. Le sujet dépasse donc la seule trajectoire d'une action : il touche au modèle économique de la recherche augmentée par l'IA, sur lequel Google a bâti sa croissance publicitaire.
La maison mère de Google affiche des recettes de 127,58 milliards de dollars, en hausse de 25 %, contre 128,22 milliards attendus par le marché. Le bénéfice par action s'établit à 2,12 dollars, loin des 2,99 dollars anticipés. Le mécanisme du désaccord porte sur Google Search : ses revenus sont passés de 56,57 milliards de dollars au troisième trimestre 2025 à 63,35 milliards un an plus tard, soit près de 6,8 milliards de plus, mais leur rythme de croissance s'est replié de 19 % au premier trimestre à 17 % au deuxième, puis à 12 % au troisième. Les analystes escomptaient environ 65 milliards : l'écart est d'environ 2,5 %. Ralentissement et prévisions manquées se cumulent, alors que la valorisation d'Alphabet repose sur des anticipations de croissance élevées.
La cause avancée est propre au search conversationnel. Sundar Pichai, administrateur délégué d'Alphabet, indique que la croissance annuelle du nombre de recherches a atteint sur le trimestre son plus haut niveau depuis cinq ans et que les requêtes en AI Mode sont en moyenne trois fois plus longues que les recherches classiques. Philipp Schindler, responsable commercial de Google, a reconnu lors de la conférence téléphonique avec analystes et investisseurs que cette forte progression des interrogations en AI Mode avait contribué au ralentissement des revenus Search. La Repubblica ajoute deux éléments que seule cette publication avance : une perte de plus de 12 % en Bourse et 500 milliards de dollars de capitalisation effacés en une séance, la chute la plus lourde de l'histoire d'Alphabet ; l'ANSA évoque pour sa part des titres perdant jusqu'à 13,03 % en séance. Le même quotidien ramène la déception à quatre facteurs : résultats publicitaires inférieurs aux attentes, ralentissement de Search, monétisation lente d'AI Mode et forte absorption de liquidités par les investissements.
Les extraits disponibles ne mentionnent ni échéance de publication ultérieure, ni décision réglementaire, ni rendez-vous d'investisseurs permettant de dater la prochaine étape ; l'article de la Repubblica est en outre interrompu au moment où il rapporte les propos de Philipp Schindler, ce qui limite la vérification de toute absence de mention sur ce point.